Occidental Petroleum est l'une des positions les plus suivies du secteur énergétique américain — non pas pour sa taille, mais pour la signature de Berkshire Hathaway. Berkshire détient environ 28 % du capital, des warrants exerçables, et une tranche de préférentielles à coupon de 8 %. La structure n'est pas anodine : elle exprime une thèse précise, et cette thèse mérite d'être lue.
L'hypothèse de Buffett
L'hypothèse formulée par Berkshire est lisible dans le positionnement même de l'investissement. Les barils domestiques à faible breakeven — ceux du Permian — deviendront plus rares à mesure que l'industrie réduit le capex global et que les bassins matures déclinent. Si c'est vrai, alors la prime stratégique sur la production permienne haut de gamme augmentera structurellement. OXY est l'expression cotée de ce pari.
Les trois segments
L'entreprise s'organise autour de trois divisions. Oil & Gas concentre la production amont, dominée par le leadership permien. OxyChem opère dans la chlor-alkali — un segment contracyclique qui amortit les chocs pétroliers avec un EBITDA stable de 1 à 1,5 milliard de dollars. Midstream complète l'ensemble avec des actifs de transport et de stockage qui génèrent des cash flows plus stables que la moyenne du secteur.
L'acquisition CrownRock
L'opération CrownRock, finalisée en 2024 pour 12 milliards de dollars, ajoute 170 000 boe/jour de production permienne dans le Midland Basin avec des breakevens sub-40 $. C'est l'expression la plus pure de la thèse Buffett : payer pour des barils à breakeven bas dans un environnement où le marché tarife trop peu cette qualité.
Bilan et désendettement
La dette nette dépasse 18 milliards de dollars post-CrownRock, avec un objectif annoncé de 15 milliards. Le désendettement reste la priorité numéro un de la direction — chaque trimestre de prix favorable est convertis en réduction de levier plutôt qu'en buybacks ou en dividende.
Cotation et multiples
En avril 2026, le titre cote entre 45 et 50 $, dans une fourchette 52 semaines de 40 à 65 $. Le breakeven corporate est autour de 40 $ le baril. À 70 $ Brent, le free cash flow se situe entre 4 et 5 milliards par an. Chaque variation de 10 $ sur le Brent déplace le FCF d'environ 1,5 à 2 milliards — une élasticité élevée qui définit le profil cyclique du titre.
L'optionnalité STRATOS
Le projet STRATOS de capture directe de CO2 dans l'air (DAC) reste une optionnalité que le marché valorise à zéro, à juste titre tant que la commercialisation n'est pas démontrée. Mais si la régulation américaine et européenne accélère sur les marchés du carbone, cette optionnalité pourrait devenir matérielle.
Lecture technique
Le support se situe vers 42 $, la résistance entre 55 et 58 $. Cette fourchette définit le canal cyclique dans lequel le titre évolue tant que le Brent ne sort pas de la zone 65–80 $.
Synthèse
OXY n'est pas un pari sur le pétrole en général. C'est un pari spécifique sur la rareté future des barils domestiques à faible breakeven, encadré par un châssis chimie-et-midstream qui amortit la volatilité. La position de Berkshire valide l'argument macro ; la chimie OxyChem amortit les baisses ; le midstream stabilise les flux. Le reste dépend du Brent.
— Analyse préparée par l'équipe de averin.com. Plus de contenu : Ruslan Averin
